De gauche à droite : Frédéric Morizot, Daniel Thoulouze, Colette Morizot et Lionel Cassagne, membres de l’association Milpat Sud-Garonne. © Florence Jacquemoud

Extrait d’un article de Florence Jacquemoud paru dans la « France agricole » du 10.02.21

Six agriculteurs transforment leur production pour fournir la restauration collective.

« Nous avons découvert grâce au diagnostic d’une étudiante de de l’ENSAT que la restauration scolaire et celle des Ehpad du Muretain agglo, au sud de Toulouse, représentaient 23000 repas/jour et que le pourcentage d’approvisionnement en produits locaux y était très faible, confie Frédéric Morizot, ingénieur agronome, président de l’association MiLPAT Sud-Garonne, qui travaille sur un projet alimentaire territorial (PAT). Si ces établissements s’approvisionnaient à 50% localement, comme le suggère la loi EGalim, on donnerait du travail à plus de 100 agriculteurs, dont dix sept maraîchers, sur près de 1600 ha. Sans compter les hôpitaux… »

L’association regroupe une dizaine d’agriculteurs. Elle s’est fait accompagner par l’école d’ingénieurs (Ei) de Purpan pour étudier la possibilité de faire évoluer les exploitations, afin qu’elles livrent les cantines.

Six producteurs étaient candidats, Éleveur de bovins viande à Fontenille, Daniel Thoulouse abat ses bêtes à Saint-Gaudens, les découpe à la Cuma de Montesquieu-Volvestre et les vend en direct : « La restauration collective serait un débouché complémentaire. Si les commandes sont planifiées deux mois à l’avance, ça me permet de finir des bêtes et de proposer trois sortes de morceaux : du bourguignon, du rôti et du steack haché qui pourrait être surgelé. Les volumes compenseraient les prix plus bas de ce marché et, s’il me reste des morceaux, je ferai des promotions pour mes clients particuliers. »

Viandes et légumes

Installé à Empeaux, Lionel Cassagne cultive des céréales bio qu’il vend à Agri-bio Union : « Je n’ai aucun recul sur la vente directe, mais j’ai décidé de produire des lentilles bio pour offrir des protéines végétales aux cantines. Je compte m’équiper d’une chambre froide et de matèriel de conditionnement. »

Pour le squatre autre agriculteurs, l’Ei Purpan propose une diversification dans les légumes, le poulet de chair ou la plantation de 2 ha de pommiers, de préférence bio ou HVE. De son côté MiLPAT a rencontré les gestionnaires de plusieurs structures pour connaître leurs besoins et capacité à recevoir des produits frais, et les met en relation avec les producteurs . Elle pourrait aussi pousser à la création d’une légumerie.

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